Début septembre, c’était le retour sur les bancs de l’école pour des milliers d’enfants de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il a fallu retrouver…

ses habitudes, recommencer à se lever tôt, à prendre le bus ou le métro ; on a dû raviver les cartables et sortir les boîtes-à-tartines du placard, vérifier le contenu des plumiers, tailler les crayons et recouvrir les cahiers… L’école a donc repris et il était impossible de l’ignorer : comme chaque année, la « nouvelle » a fait les gros titres des magazines et l’ouverture de tous les journaux télévisés ! Par contre, ce qui est complètement passé inaperçu dans la plupart des médias, c’est que la reprise de l’école s’est accompagnée du retour d’un temps essentiel pour beaucoup d’enfants et de familles : l’accueil extrascolaire !

Certain-e-s parmi vous s’interrogent peut-être : « L’accueil extrascolaire ? De quoi s’agit-il ? » Dans le paysage diversifié de l’Accueil Temps Libre, l’accueil extrascolaire[1] s’organise le plus souvent au sein même d’une école, avant et après les heures de cours. Le matin, c’est l’espace-temps où les enfants arrivent dans l’école, parfois encore mal réveillés, où ils disent au-revoir à leurs parents, où ils retrouvent leurs copains et copines, où ils se posent avant de démarrer leur journée scolaire… Le soir, c’est le moment où l’école s’arrête et où les enfants cessent d’être des élèves. Mais l’accueil extrascolaire, c’est surtout une pause nécessaire dans les rythmes de vie effrénés auxquels sont quotidiennement soumis les enfants, dans notre société du plus-vite-c’est-mieux-c’est !

« Dépêche-toi ! » « Tu traînes encore ? » « Tu vas être en retard à l’école ! » « On va rater le bus ! » : ces phrases accompagnement le quotidien de beaucoup trop d’enfants (les vôtres peut-être…). La plupart des adultes, particulièrement quand ils sont parents, passent en effet leur journée à courir après le temps. Entre de multiples déplacements (école, courses, activités des enfants, démarches administratives ou professionnelles, rendez-vous chez le dentiste ou le médecin…), les tâches domestiques et les moments passés en famille (où les devoirs-leçons prennent une place non négligeable), chaque journée avance au rythme de ses différentes étapes et le moindre retard, le moindre imprévu, dérègle la machine et génère du stress. Nous vivons dans un monde du pressé et du stressé, à courir après le temps, à regarder notre montre, à trépigner quand le métro a cinq minutes de retard ou à nous énerver quand il y a un embouteillage…

Cette cadence infernale n’épargne pas les plus jeunes. Entraîné dans le sillage de l’adulte, l’enfant n’a pas le droit de traîner en route, de flâner, de s’arrêter… sous peine de le ralentir, cet adulte qui n’a pas le temps. À l’école non plus, on ne traîne pas : les cours et les nouvelles matières s’enchaînent, les programmes sont conçus pour être suivis, les devoirs et les interrogations se succèdent, tandis que les bulletins trimestriels scandent l’année scolaire.

Face aux multiples injonctions d’efficacité, de rentabilité ou de performance qui assaillent quotidiennement les enfants, ne serait-il pas temps de revenir à l’essentiel et de leur permettre de prendre le temps de vivre, d’évoluer à leur rythme… de souffler ?

Nous pensons que c’est là tout l’enjeu de l’accueil extrascolaire : offrir à chaque enfant, indépendamment des rythmes de vie de ses parents, une « bulle après l’école et dans l’école », où il pourra être pris en considération dans sa globalité, où des espaces ont été réfléchis et aménagés, où du matériel est mis à sa disposition et des activités sont prévues pour répondre à ses besoins, sans aucune obligation de participation ni attente de résultat.

Pour toutes ces raisons, en cette période de rentrée des classes, nous estimons que l’accueil extrascolaire mérite qu’on lui consacre autant d’intérêt et d’attention médiatique que ce qui est accordé au seul monde scolaire ! Tout ne s’apprend pas et tout ne se joue pas uniquement durant les heures d’école, l’éducation est de tous les instants et l’accueil extrascolaire permet à l’enfant de s’essayer, d’imaginer, de progresser à son rythme sans être sanctionné d’une note, de prendre du repos et du recul face à ses apprentissages scolaires formels, sous le regard bienveillant de professionnel-le-s préoccupé-e-s de ses besoins.

L’accueil extrascolaire, c’est une bouffée d’air frais, une pause réconfortante et indispensable dans la vie de milliers d’enfants en Belgique : alors, parlons-en !

 

Marie-France Zicot, coordinatrice du secteur Accueil Temps Libre des CEMÉA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active)
Olivier Geerkens, directeur de COALA (Centre d’Organisation et d’Animation de Loisirs Actifs)
Stéphanie Demoulin, directrice de la FFEDD (Fédération Francophone des Écoles de Devoirs)

 

Pour en savoir plus : www.du-temps-extra.be

[1]   L’accueil extrascolaire est un champ d’action spécifique de l’Accueil Temps Libre, régi depuis juillet 2003 par « Le Décret relatif au soutien de l’Accueil Temps Libre ».

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